Intervention de Pierric Amella sur le Budget primitif 2022 – Conseil de territoire du 29 mars 2022

Cher·e·s collègues, lors du dernier Conseil de Territoire, nous avons pu exprimer la position du groupe Ecologie & Citoyenneté, quant aux orientations budgétaires et aux arbitrages qui nous étaient présentés. Nous avions notamment souligné que ces arbitrages insistent beaucoup sur les limites matérielles qui contraignent notre action. Mais ces limites ne doivent jamais nous empêcher d’être cohérents et innovants, bien au contraire. L’urgence climatique et l’urgence sociale l’exigent. Pour ce budget primitif 2022, notre position reste la même.

Notre établissement défend une ligne politique ambitieuse au quotidien, en faveur de la justice sociale et de la justice climatique (comme le proclame notre nouveau logo).

Nous sommes convaincus que nous ne devons pas opposer fin du monde et fin du mois. Nous avons la responsabilité collective d’agir à notre échelle contre les dérèglements climatiques.

Vous le savez, nous écologistes, sommes heureux que les idées que nous défendons depuis des décennies, infusent désormais largement les programmes des organisations politiques et citoyennes. Toutefois, après presque deux ans d’exercice de la mandature, nous souhaitons que cette ligne politique affichée se traduise plus fortement dans les orientations budgétaires.

Nous votons ce budget

Le budget primitif 2022 est marqué par un effort important de contrôle des dépenses de fonctionnement et une poursuite des investissements, avec un recours accru à l’emprunt – avec un encours de dette qui a augmenté d’environ 10% en 2021 et qui va encore progresser en 2022 – et c’est encore le bon moment pour ça.

Alors nous en avons conscience, il s’agit d’un budget qui marche sur deux jambes :

  • d’un côté un effort de gestion de 1,5M € qui passe parfois par des efforts difficiles, des réorganisations complexes dans les services notamment,
  • et d’un autre côté une continuité des réalisations d’investissements, surtout dans le domaine de l’aménagement, du renouvellement urbain tellement nécessaire, et de nos équipements sportifs et culturels que sont les piscines et les conservatoires.

Notre groupe « Ecologie et Citoyenneté » votera ce budget. Mais nous voulons dire que ce budget doit être pensé comme une étape, une escale, un point d’atterrissage intermédiaire vers l’adoption de nouvelles mesures inspirées des conclusions de la convention citoyenne pour le climat, qui doit constituer notre socle d’action minimal pour les années à venir.

Les participants de cette convention nous l’ont dit samedi dernier : ils comptent sur nous pour reprendre leurs propositions et les mettre en œuvre rapidement. La démarche engagée par notre EPT nous oblige. Cette feuille de route pourrait demain nous inciter à de nouveaux choix en faveur de la transition écologique, solidaire et démocratique que nous appelons de nos vœux. 

Le compte n’y est pas encore pour les citoyen.ne.s

Pour l’heure, dans de nombreux domaines, le compte n’y est pas encore.
J’en aborderai seulement quelques-uns ici :

1.

La priorité des priorités, c’est de créer des alternatives concrètes dans les modes de vie, de travail, de déplacements, de consommation et de production pour bâtir un pacte climatique et social qui ne laisse personne sur le bord du chemin. Dans une période de repli sur soi, d’inégalités croissantes et de baisse du revenu des ménages, c’est un objectif capital. Sur beaucoup de ces sujets, notre établissement et nos villes sont compétentes et doivent passer à la vitesse supérieure en 2023

2.

On pense aussi au Plan Zéro Déchet. Mon collègue Patrick Lascoux en parlera tout à l’heure, pour évoquer la question de la TEOM. La hausse du coût de fonctionnement de la collecte et du traitement des déchets – qui représente environ 70% des charges à caractère général du territoire – doit nous interpeller et nous oblige à aller plus vite encore, pour réduire la quantité de déchets à la source et en bout de chaîne. Les objectifs pour sauver la planète et nos finances se rejoignent.

3.

Sur le plan du développement économique, les citoyens de la convention climat l’ont également souligné (je les cite) : « Réaliser une transition sur le territoire passe par l’implication de l’ensemble des acteurs et des habitants et en premier lieu des entreprises qui ont une part de responsabilité dans le dérèglement climatique. Nous souhaitons les rendre plus vertueuses et transparentes dans leurs activités. »

Notre territoire est riche de nombreux acteurs œuvrant pour la solidarité, l’éducation, l’économie sociale et solidaire, l’innovation technologique et écoresponsable.

Notre rôle est de donner envie – et surtout les moyens – à ces acteurs de rester sur notre territoire, pour accroître son attractivité, sa souveraineté et sa résilience. Les moyens justement, à peine 2% des investissements et du fonctionnement sont consacrés au dev éco, nous avons de belles marges de progression pour aligner nos moyens à nos ambitions : ESS, formation, insertion professionnelle, entreprises innovantes… Je salue ici le travail de notre VP Julie Lefebvre sur ces domaines.

4.

Enfin, Est Ensemble doit donner l’exemple en matière de sobriété et de résilience économique et environnementale. Même si la démarche est bel et bien lancée on le sais, nous avons quand même un petit regret que notre exercice budgétaire ne fasse pas encore l’objet d’une présentation de son impact climatique. Ce n’est en effet pas un gadget de Greenwashing mais un véritable outil de pilotage financier de notre collectivité. 

Ne pas se résigner à la fragilisation budgétaire d’Est Ensemble

Alors, évidemment, nous n’ignorons pas les contraintes budgétaires. Mais nous ne les envisageons pas comme une fatalité. Maîtrise des dépenses, c’est engagé. Augmentation des recettes, nous avons le devoir d’aller plus loin

Nous pensons qu’il ne faut pas se résigner à la fragilisation de l’EPT. Le document d’orientation budgétaire rappelait à juste titre les mécanismes financiers extrêmement complexes (et si peu démocratiques) de transferts financiers au sein du millefeuille grand parisien.

Ces transferts (loi Nôtre) ne permettent aucune péréquation, ou si peu, au regard des écarts de richesse qui sont pourtant estimés de 1 à 11.

A l’avenir nous devons peser pour demander la fin de cette fiscalité injuste et aller vers une égalisation des taux de CFE et une véritable solidarité métropolitaine au bénéfice des territoires, qui comme le nôtre, en ont le plus besoin.

Ce sont ces objectifs que nous défendons nous, groupes citoyens et écologistes sur notre territoire, dans nos villes et à la Métropole du Grand Paris.

Je vous remercie pour votre attention.

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