Bidonville des coquetiers à Bobigny : séparer des familles et évacuer des enfants n’est certainement pas une solution

Communiqué de presse

Groupe des élus Ecologie et Citoyenneté

Mercredi 22 octobre 2014

Bidonville des coquetiers à Bobigny : séparer des familles et évacuer des enfants n’est certainement pas une solution

Hier, 21 octobre, l’équipe municipale de Bobigny a choisi de faire expulser des familles et des enfants Roms sans plus se soucier ni de leurs futures conditions de vie, ni même de la poursuite de la scolarisation des enfants. Certaines familles vont se retrouver à plusieurs centaines de kilomètres de leurs lieux de vie actuels, éloignées des liens de voisinage et de solidarité qu’elles avaient tissés notamment avec des associations balbyniennes.

Cette expulsion met fin à plusieurs années de volontarisme des acteurs locaux pour trouver une réponse structurante au bidonville des Coquetiers. La méthode employée avec un tri des familles et des individus reposant sur un diagnostic réalisé en seulement une journée, met à jour le manque de moyens pour une application de la circulaire du 26 août 2012, portée notamment par Cécile Duflot, alors ministre de l’Égalité des Territoires et du Logement, relative « à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation » de ces campements.

Le groupe Ecologie et Citoyenneté regrette qu’à défaut d’une réponse coordonnée et concertée entre les différents acteurs du territoire, comme la La Fédération Nationale des Associations d’accueil et de Réinsertion Sociale  l’avait prévu dans ses recommandations pour l’éradication des bidonvilles, le maire de Bobigny ait préféré la brutalité en demandant une expulsion à la mi-août sans attendre le prononcé du tribunal saisi avant l’été !

Si nous sommes en effet convaincus de l’absolue nécessité de refuser que des personnes – quelles que soient leurs origines – n’aient d’autres solutions de logements que de vivre en bidonvilles, nous posons comme prioritaire le principe « pas d’expulsions sans solutions de relogement digne », étudié en concertation avec les associations de soutien et les pouvoirs publics. Nous ne résoudrons jamais à ce que les plus pauvres d’entre tous soient condamnés à une errance sans fin, aux confins des agglomérations européennes.

Le groupe Ecologie et citoyenneté se souviendra donc de cette semaine du 15 octobre et déplore le manque d’anticipation des élus locaux et des pouvoirs publics qui a conduit à séparer des familles sans réfléchir collectivement à la conception de dispositifs coordonnés et innovants pouvant être financés par des fonds européens !

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